Our band could be your life

lundi 18 janvier 2010

Je me permets d'inaugurer la section "littéraire" du blog avec ce qui devrait être la bible de tout rocker indépendant, quelle que soit sa chapelle. On y parle notamment de Black Flag, Minutemen, Mission of Burma, Minor Threat, Hüsker Dü, The Replacements, Sonic Youth, Butthole Surfers, Big Black, Dinosaur Jr., Fugazi, Mudhoney, et Beat Happening.

Rien que le casting, ça fait peur.

Avec, en prime, l'impression de comprendre ce qui reliait tous ces groupes entre eux. Ce qui n'était pas forcément clair dans mon esprit avant de l'avoir commencé.

couverture de 'Our band coul be your life'

Ce livre, vous zavez vu la couverture, c'est 'Our band could be your life : Scenes from the american indie underground 1981 - 1991' de Michael Azerrad, qui s'était déjà distingué par une bio de Nirvana qui a dû être le livre de chevet de pas mal de monde dans les années 90.

Qu'est-ce qu'on y trouve? Ni plus ni moins que quelques unes des meilleures tentatives américaines pour échapper au marasme musical qu'étaient les années 80. Coincés par le hair-rock, les synthés, et une certaine idée de la pop incarnée par Michael Jackson, ils n'avaient aucune chance de percer (i.e faire quelques concerts, signer avec une major, puis devenir riches et célèbres).

Ils furent quelques-uns, la plupart du temps c'étaient des fans de punk, à tracer une autre voie. Une voie parallèle où il n'y a pas besoin de major, de la presse musicale officielle, ou de stades remplis de gens. Ils prenaient ce qui restait : des petits labels, fondés par eux-mêmes ou par leurs semblables, des fanzines (voir plus bas), des petits bars, des squats, et ils jouaient leur set du mieux qu'ils pouvaient. Bref, des scènes très locales et très dynamiques.

SubPop Fanzine

(extrait d'un numéro de Subterranean Pop, le fanzine de Bruce Pavitt à l'origine du label Sub Pop. Pour la petite histoire, le groupe dont il est question dans cet article est The Imports. L'extrait a été trouvé ici)

Toutes ces tentatives, plus ou moins fructueuses, du label SST fondé par Greg Ginn (Black Flag) jusqu'à Sub Pop et la scène de Seattle, se rejoignirent, se recoupèrent entre elles, mutèrent autant que possible (hardcore, no wave, college rock, grunge, la twee pop de K Records) et se répandirent un peu partout grâce, entre autres, aux radios universitaires . Tant et si bien qu'au début des années 90, elles rendirent possible l'accession de l'un des leurs (Nirvana) au sommet des charts.

Ce qui fait le sel des ces chroniques, à mon humble avis, et ce qui donne son unité à ce livre, c'est de voir comment chacun de ces groupes assuma son indépendance. Certains d'entre eux la vivaient comme un fardeau avec lequel il fallait composer et ne tardèrent pas à accepter les offres des majors (quand elles se manifestèrent). D'autres, plus politisés, en firent leur crédo et refusèrent tout compromis  (lire à ce propos l'interview de Ian MacKaye, le chanteur de Minor Threat et Fugazi, fondateur de l'exemplaire  label Dischord Records :  "No amount of money is worth losing control of our music" ).

A cet égard, et à bien d'autres, ce livre mérite le coup d'oeil. Il est cent fois plus instructif sur la musique, en tant que mode de vie et non en tant que produit de consommation, que la plupart des magazines rock actuels.

Malheureusement, et ça en dit long sur le peu d'intérêt que suscite le rock indé en France, huit ans après sa sortie aux États-Unis, ce livre n'est toujours pas traduit en français.


Une réflexion au sujet de « Our band could be your life »

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