Tais-toi ou meurs

lundi 1 août 2011

La vie, c'est comme une boîte de chocolats.
On sait jamais sur quoi on va tomber.

(comment ça copieur?)

Tais toi ou meurs

Bref, on sait jamais sur quoi on va tomber disais-je.

Prenez une après-midi pleine de grisaille où la procrastination le dispute à la procrastination.
Une après-midi où il y a plein de trucs urgents à faire mais où il est soudainement devenu absolument prioritaire de se demander si Michael Azerrad avait écrit d'autres livres que les deux que vous et moi connaissons.
Une après-midi où on se retrouve sur la page web de son éditeur et où on tombe sur l'impensable :

(Attention, le topo qui suit, sur les hémisphères du cerveau, n'est absolument pas scientifique, ne pas essayer de le ressortir en société)

Une fois passée la demi-heure de conflit entre mon hémisphère gauche et mon hémisphère droit , conflit hautement irrationnel qu'on peut résumer à la difficulté de juxtaposer un monsieur médiatiquement respectable vs/ un magazine authentiquement respecté,  je me dis que ce bouquin va être une tuerie et je suis tout jouasse de pouvoir le lire (merci la médiathèque) parce que je vais apprendre plein de choses.

Il s'avère que j'ai effectivement découvert tout un tas de choses mais c'est tellement dense/fouilli/pas adapté à mon cerveau de poisson rouge qu'une chose apprise en chassait une autre.
Au final, après des centaines de pages passées à survoler les siècles (sur votre gauche Bach, sur votre droite Jimi Hendrix, le désert au loin c'est Lady Gaga) j'ai l'impression d'en savoir autant qu'en lisant la quatrième de couverture :

Si le bruit est toujours violence, la musique est toujours prophétie. En l'écoutant, on peut anticiper le devenir des sociétés.

Ceci illustre donc brillamment mon axiome de départ ("on sait jamais sur quoi on va tomber").
Mais pas autant que ce qui suit...

En lisant Elle (sisi, Elle), je suis tombé sur la page des bouquins recommandés pour l'été.
Et, croyez-le ou pas, il y est question de l'autobiographie de Mark Oliver Everett, le monsieur qui se cache derrière sa grosse barbe et le génial groupe de rock  Eels.
S'ensuit alors le monologue intérieur suivant :

(enthousiaste) Ah bon? Il a écrit une autobiographie? C'est chouette.
(déprimé) Ah merde, ils en parlent dans Elle, ça veut dire qu'il va nous donner ses recettes de cuisine, ses conseils minceur et qu'il y aura des pubs pour les cosmétiques une page sur deux.

C'était évidemment de la très mauvaise foi parce que ce livre, même chroniqué sur Closer à côté des fesses boutonneuses d'une starlette de télé-réalité en bikini,  reste très proche des chansons de Eels finalement. Il nous y raconte ses petites et grandes misères,  de son enfance en Virginie jusqu'à aujourd'hui (ça va du très dérisoire au très glauque en passant par le très incroyable) avec un détachement tellement honnête que ça en est déroutant.
Comme si on lisait un scénario de Forrest Gump écrit pas les frères Coen où Forrest n'aurait pas été niais mais excessivement lucide.

Personnellement, en ce qui me concerne, la grande surprise de ce livre a été d'apprendre que ce qui doit être un de mes disques préférés de tous les temps, Electro-Shock Blues, a été bien accueilli par les cadres de Dreamworks, sa maison de disques d'alors. Ça ça m'a vraiment scié.

Composé dans une succession de deuils et de mauvaises nouvelles (qu'il décrit dans le détail), cet album poignant était tellement trempé de tristesse et si singulièrement dépourvu de tubes radio-compatibles (contrairement à Beautiful Freak, son prédécesseur) que j'étais persuadé qu'il avait été distribué de mauvaise grâce.

Dont acte.

Par contre, pour l'autre chef d'oeuvre de sa discographie (d'après moi), pas de surprise : ils ont détesté cette merveille de Souljacker.

Dont acte.

Voilà.
On sait jamais sur quoi on va tomber.

Comme disait le prophète :

C'est la vie, say the old folks, it goes to show you never can tell

 

Infos pratiques :
- Bruits, de Jacques Attali
- Nirvana [Histoire d'un mythe], de Michael Azerrad (titre original : Come as you are)
- Our band could be your life, de Michael Azerrad (en anglais)
- Tais-toi ou meurs, de Mark Oliver Everett (titre original : Things The Grandchildren Should Know)
- Beautiful Freak en écoute
- Electro-Shock Blues en écoute
- Souljacker en écoute


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